Hauteurs montre quatre années de journal filmé. Les trois vidéos qui la constituent sont semblables à un réveil hirsute, moment où l’on cherche à se remémorer ses rêves. On oublie la suite logique des éléments : peut-être est-ce une association d’idées ? de lieux ? de personnages ? de gestes ?

Chaque vidéo est une tentative aiguë de maintenir ce flux d’images dans une ouverture au monde et aux sens possibles.

J’ai voulu représenter la variété des atmosphères qui sont présentes dans nos rêves (la nuit, le jour, les différentes saisons, l’immersion, le vol, etc.) et ces discontinuités géographiques, temporelles, sensorielles et émotionnelles.

Relation est centré sur l’être aimé, la recherche d’une chaleur et une dimension solaire et hédoniste de l’existence.

Les scintillations de la délicatesse, vidéo plus « froide », s’est tournée et montée dans l’attente de l’être aimé. Je me suis réapproprié la parole de Roland Barthes dans son séminaire sur le désir de neutre entre 1978 et 1979 pour en dévoiler certaines valeurs : la jouissance du futile, la minutie, le tropisme oriental, la protestation de virilité.

Réconciliation représente une cohabitation d’éléments hétéroclites dont la trame principale est celle d’une couverture d’enfant recousue. J’ai souhaité m’approprier l’incongruité quotidienne des éléments qui nous entourent et chercher une réconciliation entre l’intérieur et l’extérieur, les différentes générations, l’enfant intérieur et l’adulte, etc.

Ce que j’ai cherché, enfin, c’est à prendre de la hauteur, un recul sur des images déjà passées, dont on a oublié les intentions quand on appuie sur le déclencheur.


Relation, 2014-2015, environ 6 min.


Les scintillations de la délicatesse (hommage à Roland Barthes), 2015, environ 7 min.


Réconciliation, 2016-2017, environ 22 min.